Ma grande traversée du Vercors par le GR 91 – étape 6

Jour 6 : Du Dôme du Glandasse à Châtillon-en-Diois

6 août 2020 : C’est le dernier lever ! Et sans doute aussi le plus beau ! En effet, réveillé depuis 5 h 00 du matin, je ne veux pas le rater. De quoi je parle ? Le lever du soleil évidemment. Avec un tel point de vue du bon côté, je me suis réveillé avant lui pour être sur de ne pas louper ce moment !

Je m’installe à flanc de montagne pour scruter l’endroit exact d’où les premiers rayons vont apparaitre. L’horizon est loin et la chaîne de montagnes devant moi est vaste. Je ne veux rien rater.

Et là… la magie opère ! WAHOUUU !! Le soleil arrive doucement entre 2 pics face à moi, à l’horizon. C’est juste MAGNIFIQUE ! La fraicheur ambiante est vite compensée par la beauté du moment. Cet instant est presque magique, presque surnaturel… bien que tout cela soit tout ce qu’il y a de plus naturel. Mais quelle beauté ! Mes photos ne pourront forcément pas rendre justice à tel spectacle mais que c’est beau. A ce moment précis je profite au maximum du spectacle. Je regrette juste de ne pas pouvoir partager les émotions que j’ai en moi en direct. Quelle frustration ! Même les 2 autres randonneurs qui bivouaquaient près de moi ne me permettent pas un tel partage. Je ne regrette pas ce lever tôt pour une fois 🙂

Les 1ers rayons apparaissent
Le soleil entre 2 pics dépasse de la chaîne de montagnes
Le lever de soleil sur le massif d’Archiane avec le Mont Aiguille à gauche

Une fois remis de mes émotions, je dois plier la tente et refaire mon sac. Au bout de cette 6e étape, c’est l’arrivée que je m’était fixée !

Ayant dormi au pied du Dôme du Glandasse, impossible de faire l’impasse dessus. J’entame tout de suite son ascension. Le sentier à cet endroit n’est pas très clair… je décide de la jouer à la hussarde. Le terrain est dégagé, la pente régulière, je vise le sommet je tire tout droit ! Le plus court chemin entre 2 points c’est la ligne droite ! Go ! J’étais à 1900 m, j’arrive à 2000 m. Mes jambes vont bien, du coup c’est rapide.

Le dôme est dégagé, aucune végétation ne vient entraver la vue à 360°, c’est encore mieux que la vue de la veille ! Sensationnel ! Incroyables paysages !

Au sommet du dôme du Glandasse

Le temps de prendre quelques (nombreuses photos) et il est déjà temps de redescendre. Même technique, la ligne droite est une bonne idée pour retrouver le sentier plus bas.

Prochaine étape, la cabane de Châtillon. Lorsque je l’aperçois la première fois en contre bas, elle est toute petite… Le sentier est en descente et suit la pente du Glandasse. C’est relativement “roulant”. Il faut faire attention mais pas de difficulté majeure. En arrivant dans la prairie de la cabane, je l’aperçoit encore au loin… la prairie est immense. Je suis alors à 1750 m d’altitude. Après la descente, cette étendue est beaucoup plus difficile à parcourir. Là, je rencontre d’autres randonneurs qui m’indiquent un point de vue, plus haut à ne pas louper. Il s’agit d’un rocher qui donne sur la vallée d’Archiane. Effectivement, j’ai bien fait de remonter quelques centaines de mètres ! Décidément tous les panoramas sont à couper le souffle par ici !

Maintenant, il faut aller de l’autre côté pour redescendre sur Châtillon-en-Diois. Il parait que cette descente est mémorable. Je ne m’imaginais pas à quel point. Mais avant cela, une dernière côte est à franchir. En plein soleil, terrain bien dégagé, large prairie, sentier poussiéreux car terre sèche… avec la perspective, on ne voit pas le haut. L’ascension est longue et physique. En haut, l’objectif final est en vue… mais en bas !!

La cabane de Châtillon

Je suis de retour à 1800 m d’altitude environ. Châtillon, en bas, n’est qu’à 560 m d’altitude, tout au plus ! Effectivement, la descente va être vertigineuse !

Avant cela, il faut trouver la source de Beaume Rousse. Il me reste alors moins d’un litre d’eau, il est donc temps d’y arriver. Cette source est cachée dans la roche et pour y accéder, il va falloir longer une paroi abrupte et quasi au-dessus du vide. pas de problème ! C’est parti ! La vue est superbe. Je suis à la même hauteur que les vautours et autres rapaces du coin qui me survolent alors à quelques mètres au-dessus de la tête !

Vue depuis la source de Beaume Rousse et le chemin escarpé y menant

La source est effectivement à même la roche un peu plus loin sur le chemin de pierre sous un renfoncement rocheux et donc abrité… de l’ombre bien venu ! Le coin est tranquille, la vue magnifique, de l’eau à proximité, c’est le spot parfait pour casser la croûte ! Il reste un dernier repas lyophilisé, ce sera très bien !

A un moment, il va falloir se décider à se lancer dans la descente infernale. La pause déjeuner se termine tôt et vers 12 h 20 je reprends le chemin. La descente va durer 2 h 00, pour 5 km, pour 1300 m net de dénivelé négatif environ ! C’est pas toujours évident, c’est sinueux, rocailleux, poussiéreux, glissant… bref c’est très physique ! Il faut rester vigilant à tout instant. J’ai glissé à plusieurs reprise avec mes chaussures de randonnée.

L’odeur de l’arrivée me fait accélérer et l’entrée dans Châtillon-en-Diois est une sorte de délivrance et sonne la fin de ce périple aventurier et sportif. Le premier bistrot avec une terrasse, à l’angle de la place où trône une fontaine sera mon lieu de repos pour la première bière depuis plus d’une semaine !!

Ma tête de vainqueur à l’arrivée

Content d’être arrivé au bout. 88 km au compteur, c’est très bien ! Belle aventure !

Résumé de la journée en photos

Bilan de la journée

Les étapes précédentes

Ma grande traversée du Vercors par le GR 91 – étape 5

Jour 5 : De Pré Peyret à Dôme du Glandasse

5 août 2020 : Malgré le vent de la nuit, pas de pluie. La toile de la tente est donc relativement sèche. Le départ va pouvoir se faire au plus tôt. Petit déj rapide, rangement de la tente et du sac et profitage du lever de soleil et de ses couleurs. Je suis en pleine “golden hour” !

De tels reflets sur un tel décor !
De tels reflets sur un tel décor !

Un détail va me stresser pour ce 5e départ. Un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup (trop ?!)… ma montre GPS ne se connecte pas aux satellites et donc pas de mesure possible. Ça me soule, pas eu de soucis jusque là. J’avais vraiment envie d’avoir la trace complète de cette rando. Bon je me résous à partir car je perds trop de temps. J’arrive enfin à la resynchroniser après 3 bons kilomètres de marche ! ouf ! D’où la ligne droite que vous constaterez sur ma trace GPS ci-dessous après pré Peyret.

Un panorama qui en met plein les yeux pour une pause !

Entre temps, j’ai fait le plein d’eau à une source bien cachée derrière la cabane de pré Peyret. La prochaine fontaine naturelle sera qu’en fin de journée demain sur les hauteurs de Châtillon-en-Diois.

Après cela je reprends le sentier du GR. Je vais passer le col du Pison, pas très haut (1650 m d’altitude) mais un bel effort à fournir quand même… Je suis au 5e jour et ça se sent dans les jambes. Le terrain est essentiellement rocheux et enherbé. Pas de difficulté à marcher ici, d’autant que je vais redescendre un peu.

J’arrive dans une grande plaine et je me crois alors en plein far west. Une étendue tellement immense ! Et en arrière plan, le mont Aiguille, telles les montagnes de Monument Valley aux États-Unis, se dresse alors dans mon dos ! Je m’attends presque à voir dévaler la cavalerie poursuivant les Indiens ! Ambiance irréelle.

Me voilà au Carrefour des Quatre Villes. C’est le moment de se reconcentrer car il va falloir gravir un nouveau sommet ou plutôt atteindre les crêtes de la Montagne du Glandasse. Je vais atteindre le sommet de la montagne de Die (1900 m d’altitude), depuis lequel une vue à 360 degrés s’offre à moi. D’un côté, une vue imprenable sur la vallée de Die où coule la Drôme et de l’autre sur la vallée d’Archiane avec le Mont Aiguille en fond. MAGNIFIQUE !!

C’est d’ailleurs ici, que je retrouve du réseau mobile pour pouvoir donner quelques nouvelles de mon avancée ! Et c’est aussi le bon moment pour la pause déjeuner !

Déjeuner avec vue

Le chemin pour poursuivre redescendant légèrement. Il est plutôt agréable, dans un premier temps pour se transformer ensuite en pierrier moins évident. Cette fois le soleil est au rendez-vous, il chauffe. Je suis bien content d’avoir pensé à prendre mon t-shirt de cycliste qui s’ouvre jusqu’au nombril… j’en profite ça fait trop du bien ! Il faut utiliser l’eau à bon escient et surtout avec parcimonie. Mais de ce côté ça va pour l’instant, je ne gère pas si mal. La végétation, fortement exposée aux éléments est assez minimaliste. Je passe de chemins en terre à des chemins en pierres et ainsi de suite, avec souvent de l’herbe grillée. Le sentier est à flanc de montagne et longe le Roc de Peyrole, toujours sur la Montagne du Glandasse.

Au-dessus du vide
Devant le Mont Aiguille

L’heure avance et je me mets en recherche d’un nouvel endroit pour bivouaquer. C’est à ce moment que je passe devant un cairn géant, au moins 3 mètres de haut !

Le cairn géant

C’est au pied du Dôme du Glandasse que je suis interpellé par un autre randonneur en contre-bas du chemin, en train d’installer sa tente. Il m’informe qu’il vient de l’autre côté et que c’est le seul endroit avant un moment qui se prête au bivouac. Il est déjà 17 h 30, il est donc sage d’arrêter la journée ici. D’autant que l’endroit me semble plutôt bien. Et ce randonneur est très sympathique. Un retraité, bon vivant, qui a prévu son bivouac avec tout le nécessaire gastronomique. La soirée promet d’être intéressante. Intéressé par la biodiversité et par les plantes et fleurs en particulier, il me montre des edelweiss. Je n’en avais jamais vu auparavant, je suis ravi ! Cette fleur si fragile qui est protégée, ne pousse qu’en haute montagne. Une toute petite fleur blanche à la texture “cotonneuse”.

Chambre avec vue

Dans son élan floral, il va à la recherche de serpolet avec lequel il va nous préparer une infusion ! Royal ! La légendaire générosité du randonneur n’est pas usurpée !

Avant de me coucher, je regarde la direction dans laquelle je suis et je constate très vite que ce bivouac est orienté plein est. Devant moi, une vue imprenable sur tout le massif d’Archiane et le mont Aiguille. Demain matin, je décide que quoi qu’il arrive je me lève avant le soleil pour le voir surgir de la montagne !

Quelques bourrasques dans la nuit m’indiquent que j’ai fait l’erreur de mettre me tente en travers du couloir dans lequel je suis installé… J’ai eu droit à quelques ballottements… heureusement ça n’a pas duré ! ^^

A demain pour un réveil magique sur la 6e étape !

Résumé de la journée en photos

Bilan de la journée (estimation suite désynchro de la montre)

Les étapes précédentes

Ma grande traversée du Vercors par le GR 91 – étape 4

Jour 4 : De la Jasse du Play à Pré Peyret

4 août 2020 : Cette 4e journée de randonnée sera la plus courte de la semaine. En effet, obligé de faire sécher la tente avant de repartir, j’ai perdu beaucoup de temps. La tempête de la nuit avait bien trempé la toile. La replier ainsi n’aurait pas été pratique… et surtout aurait ajouté un poids considérable dans le sac. Heureusement la matinée est ensoleillée, ce qui permet un séchage “rapide”. Je ne suis donc reparti que très tardivement dans la matinée. Et notons que le sommet du jour devait être le Grand Veymont. Il a du être annulé. J’y reviendrais. Cela fera donc une journée de récupération, d’autant que les 2 prochains jours promettent leurs lots de difficultés aussi.

Je me préserve donc en maintenant l’objectif initial de Pré Peyret comme fin d’étape.

Une source est présente à 10-15 mn de marche de la cabane de la Jasse du Play, d’où je viens de partir. Il ne faut donc pas la rater pour refaire le plein. Comme je l’évoquais, l’eau est l’enjeu principal sur ce GR puisque de longues distances sans eau et sans villages sont à parcourir. En outre, cette source est l’avant dernière avant celle de Pré Peyret qui laissera ensuite 2 étapes complètes sans ravitaillement. Ces sources sont en plus des “goutes à gouttes”. Plusieurs minutes pour remplir 50 cl !

Je me concentre sur ma carte pour essayer de repérer le bon chemin. je m’engage alors à gauche et au bout de près d’un kilomètre je me rends compte de mon erreur. Qu’est-ce qui ressemble plus à un chemin de montagne qu’un autre chemin de montagne ! Il me faut faire demi-tour, je m’éloigne du chemin… et de la source !

Une fois de retour sur la voie principale je retrouve le balisage rouge et blanc du GR et je vois enfin le bon sentier à gauche pour aller à la source. Ouf ! Une fois sur place, il va falloir patienter, un groupe de jeunes scouts est déjà en train de se servir. Et comme je disais… le remplissage d’un demi litre est très très long…

De mémoire je repars avec un demi litre en plus au bout de 40 mn (attente comprise) ! Décidément, les retards s’accumulent ce matin !

A 12 h 00, j’arrive au croisement permettant de rejoindre le “Pas de la Ville” accès vers le sommet. C’est donc maintenant que la décision de monter au Grand Veymont doit être prise. A gauche, c’est direction le sommet, tout droit, c’est le contournement sans l’ascension. La couverture nuageuse qui recouvre alors le sommet ne laisse aucun doute à la suite de la rando. Le sommet du Grand Veymont ne pourra pas se faire aujourd’hui. Trop de brouillard, le risque est trop important d’autant que cette montée est relativement ardue. Les conditions météo ne permettent donc pas d’assurer une ascension en sécurité ! Je vais donc tout droit. C’est ici que l’étape du jour a donc été écourtée d’une grosse portion. J’en profite pour faire une pause pipi !

Sous le brouillard, le sommet du Grand Veymont

Depuis quelques temps déjà le paysage s’est changé. Les sapins deviennent plus rares et sont plus clairsemés sur les bords du chemin. On ne parle plus de forêts mais éventuellement de bosquets dans le meilleur des cas. De grandes étendues sans arbres vont même se présenter à moi, notamment en arrivant à “Grande Cabane”, une bergerie isolée que je vais devoir contourner.

Lors d’une pause en début d’après midi, le soleil perçait entre les nuages et le ciel bleu se montrait enfin ! La grisaille devenait lassante ! Un casse croute au soleil ça fait du bien. Des randonneurs accompagnés de leurs enfants et de 2 ânes sont passés au même moment. C’est marrant de voir un tel convoi me dépasser. Comme j’ai du temps devant moi, je prolonge un peu la pause pour faire quelques photos florales et paysagères.

L’âne pour porter les sacs ! Quelle riche idée !

Vers 16 h 30, j’arrive déjà près de la cabane de Pré Peyret. Il est déjà temps de rechercher un coin de bivouac. Je grimpe le talus qui longe le chemin depuis quelques centaines de mètres pour aller voir dans les bosquets plus hauts si une place adéquate pourrait m’accueillir. Et effectivement, une mini clairière entre des conifères n’attend que moi !

Je pose mes affaires et m’en vais faire un tour aux alentours pour voir de quoi est fait le voisinage.. .et surtout, point stratégique, trouver mes toilettes avec vue du jour ! Ceux que je trouve sont magnifiques et confortables ! Discrets, éloignés du chemin et des regards… mais une vue sur un panorama à couper le souffle ! Que demander de plus pour ce soir !

Mon bivouac du jour
Mes toilettes avec vue du jour ! Grand luxe ce soir !

Mais le soleil de l’après midi ne va pas être synonyme de nuit calme, au contraire. Je vais enchainer une 2e nuit de tempête ( a priori sans trop de pluie cette fois mais des rafales de vent impressionnantes. Le vent s’engouffre dans le couloir que forme le chemin entre les montagnes (un petit canyon en fait) et cela produit un vacarme de tous les diables durant une grande partie de la nuit ! Là encore, je ne vais pas bien dormir et surtout pour la 2e fois consécutive je vais aussi avoir très froid, bien que je sois resté tout habillé emmitouflé dans mon sac de couchage prévu, lui pour les températures proches de 0°. Heureusement, car comme précédemment mes vêtement ne me réchauffent pas du tout ! Par contre, l’avantage de m’être mis sous un bosquet d’arbre, lui-même protégé par une barrière naturelle d’autres arbres, m’a permis de ne pas être secoué par les bourrasques.

Autant dire que la nuit va être courte et demain dès potron-minet je pourrais reprendre le chemin… et profiter du lever de soleil… Je suis alors à 1620 m d’altitude.

A demain pour l’étape 5 !

Résumé de la journée en photos

Bilan de la journée

Les étapes précédentes

Ma grande traversée du Vercors par le GR 91 – étape 3

Jour 3 : De Corrençon-en-Vercors à la Jasse du Play

3 août 2020 : Comme il n’y a pas de tente à démonter et de sac à dos à refaire, pas de perte de temps ce matin de la 3e étape. Je quitte l’hôtel dès 7 h 00 et go ! C’est parti pour la plus longue journée de cette semaine en terme de kilomètres parcourus.

La première difficulté de la journée est double. D’une part, la météo est toujours capricieuse et la pluie se joint à moi peu après le départ, m’obligeant à mettre la protection sur mon sac à dos et à enfiler mon blouson de pluie. Je suis alors dans le périmètre du très joli golf des Ritons, toujours sur la commune de Corrençon-en-Vercors. D’autre part, le chemin balisé de rouge et blanc commence à grimper doucement et de plus en plus. Il faut dire que cette fois, je monte sur les hauts plateaux du Vercors ! Avec la pluie, il y a un peu de vent et aussi des températures qui sont loin des normales de saison. Mon équipement m’apporte alors tout le confort nécessaire me permettant de rester au sec et au chaud (ce qui ne sera pas le cas durant tout le périple…. j’y reviendrais). Et je continue ma progression.

Je vais sortir du complexe du golf pour m’enfoncer dans la forêt de conifères sur un sentier qui grimpe, la roche qui le compose est devenue glissante. Prudence !

Le sentier monte vers le 45e parallèle
Le monument du 45e parallèle

La prochaine curiosité du circuit est le passage sur le 45e parallèle nord, cette ligne imaginaire qui sépare l’hémisphère nord en 2 parties égales. A ce moment, je suis sur le même axe que le parc de Yellowstone aux États-Unis par exemple… Ça me fait une belle jambe, n’est-ce pas !? Un monument représentant l’hémisphère nord de la Terre permet de se rendre compte de la situation géographique. Face à ce monument, une stéle à la mémoire de la résistance est également installée avec une croix de Lorraine.

Ça monte toujours, j’arrive maintenant dans une clairière, avec la cabane de Carrette. Une pause s’impose ! Quelques barres de céréales, un peu d’eau et ça repart ! Le temps est super couvert et humide… une bruine est perceptible. Me voilà à 1400 m d’altitude. Le chemin va redescendre tout doucement jusqu’à un endroit somptueux : la prairie de Darbounouse. Le lieu m’a tout simplement coupé le souffle par son immensité, son ambiance magique et son calme ! En arrivant un énorme nuage l’a littéralement recouvert progressivement. J’ai cru à de la fumée qui arrivait pour recouvrir la plaine. Sans doute que l’horizon bouché par le brouillard qui se dégage petit à petit a contribué à cette impression, mais cet endroit m’a complètement envouté. Une plaine enherbée qui avait grillée du fait de la canicule actuelle, cela donnait une sensation presque désertique dégagée par ces multiples rochers disséminés partout. Je n’arrêtais pas de me retourner pour admirer ce paysage vraiment exceptionnel. Une bergerie en son centre, qui paraissait toute petite depuis ma position montrait toute l’immensité de ce lieu. Je voulais rester encore un peu… mais il fallait avancer !

La prairie de Darbounouse

Au bout de cette prairie, retour dans une forêt de conifère, qui ne va pas tarder à me montrer un tout autre paysage… Après le “désert” de Darbounouse, me voici dans une “jungle” quasi luxuriante. L’humidité ambiante ajoute à la brillance de ce passage incroyable. Des plantes et des fleurs de toutes tailles et de toutes les couleurs envahissent le chemin. Le contraste est hallucinant en quelques minutes.

Changement total de décor en quelques minutes

C’est dans cet environnement verdoyant que je m’arrête pour déjeuner. Il est déjà presque 14 h !! Le temps passe vite mais la pluie est toujours de la partie !

Au sortir de la forêt, après la pause repas, le Grand Veymont est dans ma ligne de mire. Il s’agit du plus haut sommet du Vercors. C’est l’un des objectifs de l’étape de demain. Le ciel semble enfin vouloir se dégager.

Le Grand Veymont est en vue

A présent, les paysages sont davantage clairsemés, mais les conifères sont la règle. Le chemin, quant à lui est constitué essentiellement de roches de diverses formes et tailles. La végétation, plus rase, n’en reste pas moins présente pour autant. La chaîne du Grand Veymont domine droit devant. Je suis dans le Canyon des Erges. Un “glacier de pierres et de roches”. C’est vraiment très joli, mais il faut faire attention où l’on marche tellement le terrain est rocailleux. Mais ici pas de pierriers… la roche est à découvert en grand blocs collés les uns aux autres, d’où cette appellation de “glacier de roches”.

Les Grands Plateaux prennent vraiment leur sens ici, les étendues sont immenses et relativement planes. Les décors s’enchainent mais le relief reste plat. Je suis en moyenne à 1600 m d’altitude. La rando est assez tranquille en terme d’efforts à fournir. C’est aisi que j’arrive à la Jasse du Play. Une petite cabane perchée dans une prairie escarpée. Je m’y réfugie d’ailleurs quelques instants pour me réchauffer. Le vent s’est levé et les températures ont chuté. la cabane est occupée par un groupe de jeunes qui a déjà allumé un feu dans la cheminée. Bonheur ! L’heure passe. Il faut que j’aille me trouver un endroit à l’abri du vent pour le bivouac ! Je m’éloigne un peu de la cabane, le relief escarpé et les quelques bosquets de sapins vont m’aider à m’isoler et à me protéger des bourrasques.

La cabane de la Jasse du Play

Une fois la tente montée, je profite de l’éclaircie de la météo pour faire le tour de mon campement. Je grimpe la butte pour voir ce qu’il y a derrière et faire quelques photos… et me dégourdir les jambes ! Bon en tong/chaussettes c’est pas l’idéal, je fais attention promis ! Je suis dans un espace circulaire plutôt renfoncé donc pas de panorama à observer. pas grave, je devrais être un peu plus abrité du vent.

En vérité, je ne le sais pas encore… mais je vais essuyer une petite tempête durant la nuit. La pluie et le vent vont s’abattre dès le diner et ne pas s’arrêter de toute la nuit. Je n’ai pas beaucoup dormi, j’ai eu super froid. J’ai même dormi tout habillé dans mon sac de couchage, cuissard et blouson compris. je ne me suis pas réchauffé ! Les températures ont du descendre relativement bas. C’est à ce moment que je me suis aperçu que mon équipement “chaud” était très bien en mouvement, mais pas du tout adapté pour rester immobile ! L’erreur du débutant. j’avais essayé d’anticiper cela et pris des couches supplémentaires… mais il s’est avéré que ces couches n’étaient pas suffisantes !

Ma tente, elle, a bien résisté au vent et c’est déjà pas si mal. Elle n’a pas pris l’eau non plus ce qui est encore mieux… si ce n’est un peu de condensation mais rien de grave. Ce qui est rassurant. Tout n’est pas négatif dans mon équipement, bien au contraire.

Une fin de journée et nuit bien mouvementée. Du fait d’un parcours relativement plat et un départ tôt ce matin, j’ai pu parcourir ma plus longue étape. De la fatigue il y en a, mais la petite nuit suffira pour récupérer.

A demain !

Note pour moi-même : A partir d’ici, il n’y a plus de réseau mobile jusque dans les montagnes du Glandasse, au-dessus de Die, soit au moins 2 jours de marche !

Résumé de la journée en photos

Bilan de la journée

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Ma grande traversée du Vercors par le GR 91 – étape 2

Jour 2 : Des bois des Allières à Corrençon-en-Vercors

2 août 2020 : C’est parti pour le 2e jour. Réveil aux aurores, petit déjeuner rapide et démontage de la tente et enfin je refais mon sac pour repartir sur le chemin.

Direction Corrençon-en-Vercors pour cette 2e étape. La première journée a été intense, la nuit aura quand même été réparatrice, les jambes vont plutôt bien. La difficulté reste le sac qui pèse sur les épaules de plus en plus.

Le relief du jour est plus régulier. Il v a y avoir même davantage de descente, Corrençon étant seulement à 1100 m d’altitude.

Vue imprenable sur la combe Noire
Vue de la combe Chaulange

Le bivouac était à 1500 m d’altitude. Le premier objectif de la journée est de relier la fontaine de Roybon qui est à 1441 m d’altitude. Les fontaines et les sources dans le Vercors sont très importantes, puisque la gestion de l’eau est l’enjeu principal de cette randonnée puisque ces fontaines naturelles sont rares et une fois sur les hauts plateaux, il n’y a plus de villages ni de civilisations pour recharger les gourdes… et une portion complète est même dépourvue de sources (j’y reviendrais).

Panorama depuis la combe Chaulange

La source de Roybon est déjà occupée… par les vaches ! Un abreuvoir directement dessous leur permet le même accès à l’eau que pour moi ^^. Je me sers donc directement à la sortie du tuyau et non pas dans l’abreuvoir 😉

La source de Roybon, l’abreuvoir et les vaches… il faut choisir !
Un sentier “100 % vaches” après la source de Roybon

Après avoir refait le plein d’eau, je continue à descendre en direction de la cabane de la Fauge. Une mauvaise lecture du balisage et de ma carte me fait descendre par le mauvais sentier et je vais donc contourner cette cabane via un sentier forestier tout en descente. Très prononcée la descente d’ailleurs. Mais le chemin est agréable. J’ai retrouvé mon itinéraire prévu en arrivant sur les hauteurs de Villard-de-Lans, au niveau des Glovettes, près du “Balcon de Villard”… mais sans voir la fameuse cabane non plus. Pas grave.

Direction chez Gérard !

A partir de ce point, d’ailleurs, la randonnée est nettement moins intéressante car le décor, plus urbanisé est bien moins joli. Je longe quelques routes bitumées, des immeubles. Retrouver un “vrai” chemin a été fort agréable sur cette partie là. Malgré tout, le rythme reste modéré, pour s’économiser mais aussi parce que, mine de rien, la fatigue se fait sentir.
A partir du lieu-dit “Les Bouchards” (Bonjour Gérard :D), le parcours est à nouveau assez fade et sans réel intérêt, et ce jusqu’à la destination du jour à Corrençon-en-Vercors.

Une première moitié d’étape montagnarde très sympa, plutôt en descente, pas de vraie difficulté mais une gestion de l’effort pour ne pas se griller les jambes malgré tout. Une partie en sous bois de pinède en terre, une partie, plus rocailleuse. Une deuxième moitié très monotone et sans plaisir visuel. Les vues sur la station de ski ne présentent pas d’intérêt. C’est moche même !

Corrençon-en-Vercors va représenter la dernière ville-étape de ce périple. Il est donc primordial de faire le plein en eau et de se reposer du mieux possible avant la 3e étape qui marque l’entrée sur les hauts plateaux. La météo, n’étant pas favorable du tout, puisque j’essuie une grosse averse, un dilemme se présente alors… Bivouac or not bivouac. Le gros de la rando commence à partir de là et se trouver avec toutes les affaires trempées avec une telle pluie n’est pas le meilleur plan… Ça alourdirait le poids sur les épaules déjà conséquent. Je prends la décision de passer la nuit à l’hôtel avec regret mais pour me préserver.

A demain pour l’étape 3 !

Résumé de la journée en photos

Bilan de la journée

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